Pour la deuxième fois, l’Espace CESAME et l’abbaye de Maubuisson se sont engagés dans un travail commun. Plus de 10 stagiaires de l’Espace CESAME ont eu la chance de participer à la création
d’une œuvre et à sa diffusion lors de la Nuit Blanche.
Tous restent marqués par cette expérience qui contribue à leur ouvrir un univers insoupçonné.
ABBAYE DE MAUBUISSON
Site d’Art contemporain du Conseil Général du Val d’Oise
L’abbaye de Maubuisson a pour vocation première de présenter des expositions conçues et réalisées pour le lieu. Elle accueille des artistes confirmés, invités à dialoguer avec l’histoire, l’architecture, l’environnement du site. Les artistes invités sont choisis pour la force et l’actualité de leurs recherches mais aussi pour leur capacité à interroger un espace beaucoup plus complexe que sa seule identité patrimoniale. L’abbaye est un laboratoire de projets: toute l’année, elle développe des programmes de recherche, de production et de médiation autour des trois axes qui structurent son identité: patrimoine, création contemporaine, écologie urbaine.
- Les actions de médiation privilégient la rencontre avec les habitants et la diversification des publics.
Rencontre avec l’Espace CESAME
Ainsi, l’abbaye de Maubuisson mène un travail de sensibilisation et de formation à l’Art contemporain et privilégie la rencontre avec des artistes auprès des personnes qui en sont éloignées.
En 2009, l’abbaye de Maubuisson a proposé aux jeunes de l’Espace CESAME de contribuer au projet WHALES de l’artiste Agnès CAFFIER. Durant une semaine, à l’abbaye de Maubuisson, ils ont participé à l’élaboration d’une création sonore d’Agnès CAFFIER. Lors de la Nuit Blanche 2009, initiative conduite par la Mairie de Paris, le public a pu découvrir, dans le parc de l’abbaye de Maubuisson, l’installation sonore WHALES dont les jeunes de l’Espace CESAME ont été les porteurs. Ce projet a été présenté avec ceux de deux autres artistes femmes: ORLAN et Aurélie SLONINA. Aux prises avec notre fascination-répulsion pour la technologie, les installations hybrides imaginées par ORLAN,
le buisson qui brûle et ne se consume pas d’Aurélie SLONINA, les transfigurations sonores opérées par Agnès CAFFIER sur nos téléphones portables détournent l’innovation technique et scientifique pour modeler des univers artistiques qui ré-enchantent le monde.
L’INSTALLATION WHALES
Agnès CAFFIER
WHALES / les porteurs de son / 2009
Production: Conseil général du Val d’Oise, abbaye de Maubuisson
Les baleines sont sous haute surveillance. Les scientifiques du Glacier Bay National Park étudient leurs migrations en Alaska par l’utilisation d’hydrophones à usage militaire. Leurs prélèvements sonores sont la source du projet WHALES.
Pour Nuit Blanche, les chants des baleines se sont éparpillés sur les téléphones portables des visiteurs pour résonner dans le parc de l’abbaye de Maubuisson.



Les scientifiques affirment que le chant des baleines se déplace sur plus de 3000 km, que sans pollution sonore sous-marine, leur chant pourrait traverser les océans d’un bout à l’autre.
Présentée pour la première fois, la pièce sonore WHALES est une série de chants transfigurés. Les sons offrent une présence animale, dans une perception primaire, instinctive, où l’appel reste perceptible.
L’immensité de l’espace dans lequel les baleines évoluent se perçoit dans les sons enregistrés.
Des appels, de vastes espaces, Agnès CAFFIER trace un parallèle avec l’usage des téléphones portables.
Pour Nuit Blanche, Agnès CAFFIER a construit un jeu de rôle pour les jeunes de l’Espace CESAME.
Les chants des baleines sont des appels à l’amour, à la chasse, au repas. Chaque jeune s’est inscrit dans le dispositif par le choix d’un chant. Il l’a partagé le temps de Nuit Blanche avec les visiteurs.
Les sons se sont échangés entre les téléphones des porteurs et des visiteurs par mms ou bluetooth. Les chants peuvent être utilisés comme sonnerie ou signal d’alerte sur les téléphones portables.
Ils se sont diffusés sur l’ensemble du site de l’abbaye de Maubuisson,
au gré des appels reçus par le public.
La lumière n’est presque plus présente à de grandes profondeurs; les clics d’écholocation offrent aux baleines une représentation efficace de l’environnement. Pour Nuit Blanche, ces chants sont devenus les seuls guides des visiteurs dans le parc assombri.
Les porteurs de son:
Baptiste, Stéphane, Willy, Belkeir, Omar , Allan, Maxime, Marion, Mariam, Tarik-Nissa.
Informations:
www.valdoise.fr
Abbaye de Maubuisson
Équipement départemental
Rue Richard-de-Tour – Saint-Ouen-l’Aumône
01 34 64 36 10 / abbaye.maubuisson@valdoise.fr
RETOUR DES STAGIAIRES DE L’ESPACE CESAME
Allan:
Être à l’écoute du public, c’était bien. Il fallait aller vers les gens, ce n’était pas facile.
J’ai choisi une orque tueuse.
Baptiste:
Je me suis inscrit à l’atelier parce que ça me plaisait, ça m’attirait. Je découvrais un autre univers,
« space », des sons différents de ceux qu’on écoute habituellement.
J’ai aimé le travail des bandes son et tout l’aspect technique.
J’ai choisi un narwhal de l’océan arctique.
Mon téléphone est toujours sur silencieux.
Belkeïr:
Ce soir-là, j’ai décidé de mettre un costume car c’est la seule chose qu’il me restait de propre.
J’ai été m’habiller chez mon cousin qui habite en dehors de la cité.
Le costume, ça m’a aidé à me lancer.
Ça a permis que les gens aient une autre impression de moi que si j’étais venu habillé
comme dans la cité.
Je me suis senti faire partie de l’équipe de l’abbaye comme si j’étais là depuis longtemps.
Au début, je pensais que l’art, c’était de la peinture, de la sculpture.
Maintenant, je remarque qu’il y a de l’Art partout.
Je ne vais plus dans certains quartiers, on se moque encore de moi parce que j’étais en costume.
J’ai choisi une baleine blanche.
Maxime:
Dans l’ensemble, la préparation comme la Nuit Blanche, l’attente, les problèmes techniques
de portables, le manque de temps pour manger, la soirée s’est bien passée.
On a passé un bon moment. J’ai des problèmes d’assurance à cause de ma timidité,
il a fallu qu’on me pousse, après j’y suis allé.
Si c’était à refaire, je le referais avec grand plaisir.
Je passe souvent, depuis, devant Maubuisson. Un jour je m’arrêterai.
J’ai choisi un chant de mâle, le chant d’amour d’une baleine à bosse.
Willy:
Je me suis inscrit à l’atelier pour voir. Faire des recherches, travailler les sons, tout ça, ça m’a plu.
J’ai bidouillé tellement certains sons qu’on ne reconnaissait plus les chants des baleines.
J’ai choisi l’appel à la nourriture d’une baleine à bosse.
Stéphane:
Une expérience à refaire, cela m’a permis de rencontrer des personnes formidables,
un univers que je ne soupçonnais pas.






